29 août 2016

Chronologie de la participation canadienne à Vatican II

25 janvier 1959

L’annonce du Concile connue le soir (heure de Rome) du 25 janvier, dans l’édition de L’Osservatore romano est fortement répercutée par les médias au Canada (articles et éditoriaux) au cours des jours qui suivent. Cette annonce suscite également des réactions de la part de leaders chrétiens au Canada, mais n’est suivie d’aucune déclaration épiscopale au pays. [Voir G. Routhier, « L’annonce et la préparation de Vatican II : Réception et horizon d’attente au Québec ». Études d’histoire religieuse, 63 (1997), p. 25-44.

Les premières réactions à l’annonce du concile sont de Mgr Douville (St-Hyacinthe) dans sa «Lettre circulaire au clergé concernant des prières pour le Concile» du 29 avril 1959 et de Mgr Frenette (St-Jérôme), dans une «Lettre circulaire à ses collaborateurs concernant le mois de Marie et le succès du Concile» du 10 mai 1959.

À la suite de l’invitation de Jean XXIII faite aux cardinaux du monde entier, le 29 janvier, de lui donner leur avis sur son projet, aucun cardinal canadien ne fait parvenir ses réactions au pape.


 

PHASE ANTÉPRÉPARATOIRE
17 mai 1959 – 5 juin 1960

Juillet 1960 à juin 1962 : participation d’évêques canadiens aux commissions
À l’invitation qui leur est faite de faire parvenir leur vota et consilia à la Commission antépréparatoire (18 juin 1959), plusieurs évêques du Québec font parvenir leurs vota à Rome. [Pour une analyse, voir G. Routhier, « Les vota des évêques québécois », dans G. Routhier (dir.), L’Église canadienne et Vatican II, pp. 25-59.]

De même, plusieurs évêques du reste du Canada font connaître à la Commission leur vota et consilia [Voir M.A. Fahey, « A Vatican Request for Agenda Items Prior to Vatican II : Responses by English-Speaking Canadian Bishops », dans G. Routhier, dir., L’Église canadienne et Vatican II, Montréal, Fides, 1997, p. 61-72.]

Enfin, à partir du mois d’avril 1960, les Facultés ecclésiastiques et les universités catholiques envoient également à Rome leurs vota et consilia [Voir M.A. Fahey, « A Vatican Request for Agenda Items Prior to Vatican II : Responses from Canadian Faculties of Theology », dans G. Routhier, dir., L’Église canadienne et Vatican II, Montréal, Fides, 1997, p. 73-80.]


 

PHASE PRÉPARATOIRE
5 juin 1960 – 11 octobre 1962

En 1960, lors de la constitution des commissions préparatoires du concile, Trois Canadiens sont nommés à la Commission centrale préparatoire : les cardinaux Léger et McGuigan et Mgr P. Bernier. À la Commission théologique, on retrouve Mgr Maxim Hermaniuk, L. Audet. Pour sa part, Mgr G.-L. Pelletier était membre de la Commission des évêques et du gouvernement des diocèses, commission où siégeait également Mgr M.-J. Lemieux, à titre de consulteur. Quant au P. J. Rousseau il est membres de la Commission des religieux. Mgr É. Frenette était pour leur part consulteur au Secrétariat pour les techniques de diffusion alors que Mgr V. Bélanger était consulteur à la Commission pour la discipline des sacrements. Le P. Marcel Dubois était quant à lui consulteur à la Commission de liturgie. Mgr Douville est pour sa part consulteur de la Commission de la discipline du clergé et du peuple chrétien et le P. G. Baum au Secrétariat pour l’unité des chrétiens.

D’autres nominations suivront au cours de la phase préparatoire. Ainsi, le 12 juillet 1960, M. Marcel Bélanger o.m.i. (Sedes sapientiae, Ottawa), est confirmé comme consulteur de la Commission théologique préparatoire et le 31 janvier 1961, le Père A. Guay, o.m.i. sera nommé consulteur de la Commission des religieux. Le 3 mars 1961, Mgr Maurice Roy sera nommé membre de la Commission théologique préparatoire. Pour sa part, le 6 mars, Mgr Bourgeois (Trois-Rivières) sera nommé consulteur de la Commission de l’apostolat des laïcs et,24 avril, Mgr L.J. Cabana, consulteur de la Commission pour les missions et le P. G. Van den Broek membre de la Commission des religieux. Le 16 mai 1961, Mgr Pocock (coadjuteur à Toronto) est nommé consulteur pour la Commission pour la discipline du clergé et du peuple chrétien. Le 16 mai, Mgr Flahiff (Winnipeg) devient membre de la Commission des religieux et Mgr A. Carter (Sault-Sainte-Marie), consulteur de la Commission pour l’apostolat des laïcs. Le 25 janvier 1962, trois nouvelles nominations : J.-M. Poitevin, p.m.é., consulteur du Secrétariat pour les techniques de diffusion, V. Kennedy, c.s.b. de Toronto à titre de consulteur de la Commission sur la liturgie et de G. Brisebois, o.f.m. à titre de consulteur de la Commission pour la discipline des sacrements.

Au cours de cette période, on note surtout la participation importante du cardinal Léger à la Commission centrale préparatoire qui tint sept sessions à Rome, à compter du 12 juin 1961, en la fête de la Pentecôte, jusqu’au 19 juin 1962. Selon le cardinal Montini, il s’est montré un véritable leader dans le groupe d’évêques et de cardinaux formant cette commission. En plus, il a été nommé membre de la Commission des amendements. Il faut souligner également la contribution de G. Baum à la première rédaction du texte sur les relations entre les chrétiens et les Juifs. [Voir G. Routhier, « La période préparatoire. Premier aggiornamento de l’Église du Québec », dans G. Routhier (dir.), Vatican II au Canada : enracinement et réception, Montréal, Fides, 2001, p. 201-223.]

Octobre 1960 à octobre 1962
À l’appel de Jean XXIII, plusieurs évêques sont soucieux de mettre leur diocèse en état de concile. Ce mouvement s’amorce déjà à la fin de l’année 1960, mais va prendre des proportions importantes à l’automne 1962. [Voir R. Martel, Un évêque à Vatican II, Mgr Albert Sanschagrin, mémoire de maîtrise, Université Laval, 1999 http://proquest.umi.com/… Des éléments de cette recherche sont publiés sous le titre « D’événement romain à réalité abitibienne : Vatican II au cours de la phase préparatoire » à paraître dans G. Routhier (dir.),Vatican II au Québec : enracinement et réception, Montréal, Fides, 2001, p. 177-200.]

Juin 1960 à octobre 1962
L’intérêt pour le concile, d’abord ténu, devient de plus en plus important. D’événement lointain, Vatican II devient de plus en plus proche, grâce au travail des médias. D’abord les quotidiens [voir Y. Therrien, « La couverture de Vatican II dans les quotidiens francophones du Canada (1959-1962) », dans G. Routhier (dir.),L’église canadienne et Vatican II, Montréal, Fides, 1997, p. 145-164], mais aussi dans les revues publiées par les sanctuaires ou les groupes dévotionnels [voir M. Pelchat, « Les revues canadiennes-françaises de dévotion et le concile Vatican II (1959-1962) », Ibid, p. 165-188] ou les revues d’actualité [voir G. Baillargeon, « Les intellectuels québécois et Vatican II : de l’annonce du concile à son ouverture (1959-1962), Ibid, p. 189-208.]

28 août 1961
M. Gérard Lemieux est nommé correspondant au Concile Vatican II pour la Société Radio-Canada. Avec une équipe, il se rendra à Rome et dans d’autres pays du monde presqu’une année avant le début du concile pour préparer des reportages de manière à pouvoir bien informer les téléspectateurs canadiens des enjeux du concile dès son ouverture. Quelques jours plus tard, le 13 septembre, le P. É. Legault est nommé correspondant à Rome du Service d’information de la CCC. [Voir R. Leclerc, « La grande et la petite histoire de Vatican II racontée à la télévision en 125 demi-heures », dans G. Routhier (dir.) Vatican II au Canada : enracinement et réception, Montréal, Fides, 2001, p. 261-272.]

12 octobre 1961
Début de la consultation des religieux et religieuses du diocèse de Montréal en vue du concile. Une consultation similaire aura lieu dans le diocèse de Saint-Jérôme et d’Ottawa au mois d’août 1962.

26 avril 1962
Déclaration de l’épiscopat canadien concernant le Concile Vatican II.

Novembre 1961 à novembre 1962
Consultation, par leur évêque, des prêtres des diocèses de Montréal, Joliette, Québec, Saint-Jean, Rimouski, Sherbrooke, Saint-Jérôme, Ottawa et Gaspé en vue du concile Vatican II. [Voir P. Lafontaine, « La consultation préconciliaire de l’archidiocèse de Montréal auprès du clergé : portrait d’une Église » dans L’Église canadienne et Vatican II, p. 81-98 ; P. Allaire, « La consultation du clergé de Québec », Ibid., p. 99-112 ; P. Allaire, « Les consultations du clergé dans quelques diocèses du Québec », dans G. Routhier (dir.), Entre concile et « révolution tranquille ». Effervescence du catholicisme québécois des années 1960, Québec, CIÉQ (collection « Cheminement »), 4-11].

Octobre 1961 à septembre 1962
Des consultations des laïcs en vue du prochain concile du Vatican sont réalisées dans quinze diocèses du Canada francophone. [Voir S. Serré, « Les consultations préconciliaires des laïcs au Québec entre 1959 et 1962 », dans G. Routhier (dir.) L’Église canadienne et Vatican II, Montréal, Fides, 1997, p. 113-141et S. Serré, Les consultations préconciliaires au Québec, mémoire de maîtrise, Université Laval, 1998 http://proquest.umi.com/…]

Juillet-octobre 1962
Le Gouvernement du Canada, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec le Vatican, s’interroge sur le mode de représentation qu’il doit prévoir pour les célébrations d’ouverture du concile.

Juillet-septembre 1962
Plusieurs évêques, après examen des schémas envoyés le 13 juillet, préparent leurs remarques et observations écrites sur ces schémas. C’est le cas de Mgr Coderre, Roy, Hermaniuk, Léger, Baudoux, Desrochers, Martin, Audet, Pocock, etc. Plusieurs acheminent à Rome leurs remarques écrites.

11 septembre 1962
Après avoir participé pendant plus d’un an et demi à la Commission centrale préparatoire et à la Commission des amendements; après avoir étudié les sept premiers schémas envoyés aux Pères le 17 août en vue de leur discussion en concile, le cardinal Léger prend l’initiative d’adresser une Supplique à Jean XXIII, texte dans lequel il exprime sa déception à l’égard de la préparation du concile et ses inquiétudes pour le concile qui doit s’ouvrir prochainement. Après avoir consulté le cardinal Frings (Cologne), sur la pertinence de ce projet, il entreprend d’obtenir la signature des cardinaux König (Vienne), Döpfner (Munich), Frings (Cologne), Alfrink (Utrecht), Suenens (Malines-Bruxelles) et Liénart (Lille). Le 17 septembre, le cardinal Cicognani, Secrétaire d’État, confirmait par lettre la bonne réception par le pape de la Supplique Léger. [Voir Routhier, G. « Les réactions du Cardinal Léger à la préparation de Vatican II ». Revue d’histoire de l’Église de France, LXXX (1994), p. 281-302. ]

12 septembre 1962
Le Churchman, organe officiel de l’Église anglicane au Canada, va envoyer un journaliste au Concile.

19 septembre 1962
À partir du 19 septembre 1962, échange de lettre entre M.D. Chenu et le cardinal Léger sur le projet d’un «Message au monde des Pères conciliaires».

28 septembre 1962
Publication dans l’Osservatore Romano de la liste des 201 experts invités au Concile. Quatre experts proviennent du Canada, les P. Bélanger, Reuter, Rousseau et Seumois.

10 octobre 1962
Arrivé à Rome, le cardinal Léger s’entretient avec le cardinal Suenens (Malines, Belgique), le cardinal Döpfner (Munich) et le cardinal Bea, suggérant que les épiscopats envoient une liste de membres qualifiés en vue des élections de la première session. [Voir G. Routhier, « Un tournant de Vatican II ». Études d’histoire religieuse, 64 (1998), p. 71-79.]